Émarger l'espace
avec les mots en silence
en équilibre
et le phrasé sonore qui enfle la jugulaire
jusqu'au regard
suspendu à l'écliptique
Je dévore le jour
martelé à l'enclume foudroyante
Fouet des forges
le vide
ce rapace que tenaille la faim
outrageuse
irrépressible
En fer
les muscles de l'œil enregistrent les vibrations nerveuses
soubassement de la révolte
intérieure
du corps en extension
Aux arquebuses
je donne le droit de tirer à bout portant
la tendresse du cœur
poudroie
Sens en collision
quand la détresse se noue à la langue
repliée au fond de la gorge
rouée d'hébétude
Grimaçante
la face cachée de l'homme
Lunaire
échouée à l'océan bruissant des madrépores
Joue tendue
à la marque du verbe
le saut est scellé à l'empreinte vide
Mon cœur s'ouvre aux quatre vents
coquillage sanglant
au sable aimant
Marginale la poussée des astres
quand chemine l'imagination
au poitrail planétaire
Mes visions oscillent en dent de scie
à la remorque des étoiles
folles à lier
Quand l'aube jaillit
geyser au plus vif de la peau
mes mains clapotent aux marges des sens
Embellie du corps en rêve
Arrondir les angles
Il y a 5 heures
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