mardi 8 décembre 2009

Emarger l'espace

Émarger l'espace
avec les mots en silence
en équilibre
et le phrasé sonore qui enfle la jugulaire
jusqu'au regard
suspendu à l'écliptique

Je dévore le jour
martelé à l'enclume foudroyante

Fouet des forges
le vide
ce rapace que tenaille la faim
outrageuse
irrépressible

En fer
les muscles de l'œil enregistrent les vibrations nerveuses
soubassement de la révolte
intérieure
du corps en extension

Aux arquebuses
je donne le droit de tirer à bout portant
la tendresse du cœur
poudroie

Sens en collision
quand la détresse se noue à la langue
repliée au fond de la gorge
rouée d'hébétude

Grimaçante
la face cachée de l'homme
Lunaire
échouée à l'océan bruissant des madrépores

Joue tendue
à la marque du verbe
le saut est scellé à l'empreinte vide

Mon cœur s'ouvre aux quatre vents
coquillage sanglant
au sable aimant

Marginale la poussée des astres
quand chemine l'imagination
au poitrail planétaire

Mes visions oscillent en dent de scie
à la remorque des étoiles
folles à lier

Quand l'aube jaillit
geyser au plus vif de la peau
mes mains clapotent aux marges des sens

Embellie du corps en rêve

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